L`objectif de cet article est de pre´senter divers proce´de´s de l`emprunt des mots a` l`anglais en franc¿ais contemporain et d`examiner des divergences de points de vue sur le classement des mots venus de l`anglais. Ce travail va contribuer, nous l`espe´rons, a` e´laborer une typologie de l`emprunt qui soit plus exhaustive. Par quels proce´de´s les mots sont-ils emprunte´s a` l`anglais? Pour nous, l`emprunt se devise en plusieurs cate´gories. Tout d`abord, l`emprunt se´mantique ou l`emprunt du sens est un proce´de´ par lequel l`emprunt s`exerce par l`addition d`un `sens` emprunte´ a` la langue pre^teuse (l`anglais). C`est le cas du mot re´aliser, dont le sens `rendre re´el`, a pris aussi celui de `comprendre´ par l`emprunt du sens de l`anglais to realize. Le calque est de´fini comme "traduction litte´rale d`un mot e´tranger", de telle sorte que l`on reproduit la structure lexicale e´trange`re avec des e´le´ments de la langue emprunteuse (le franc¿ais). Le calque (gratte-ciel, lune de miel, pre^t-a`-porter) se distingue de l`emprunt se´mantique par le fait que des e´le´ments se combinent pour former un nouveau synthe`me, alors que l`emprunt se´mantique ne produit pas de synthe`me diffe´rent. De la` e´galement la diffe´rence entre le calque et la traduction dite ge´ne´rale. Il y a bien e´videmment l`emprunt pur et simple d`un mot anglais entier (forme et sens, ou signifiant et signifie´), et ici on doit surtout tenir compte de `faux anglicismes`, qu`on de´finit souvent comme "formes cre´e´es en franc¿ais a` partir des e´le´ments anglais". Mais quant aux faux anglicismes, il se trouve particulie`rement une grande diffe´rence de points de vue et de de´finitions. Parmi diffe´rentes de´finitions du faux-anglicisme, nous nous contentons de pre´senter l`explication de N. Spence. Pour le crite`re se´mantique, le sens d`un faux anglicisme doit e^tre non seulement diffe´rent de celui d`un mot en anglais dont la forme est identique ou similaire, mais e´galement en dehors du champ se´mantique de celui-ci : par exemple, footing, starter, wading, etc. Pour Spence, la forme fournit un crite`re plus clair que le sens. A savoir, le faux anglicisme ne doit pas avoir son e´quivalent formel en anglais. Selon lui, on ne peut pas ne pas conside´rer comme faux anglicismes des mots dont la forme e´quivalente n`a pas existe´ et n`existe pas en anglais. La distinction entre l`anglicisme authentique et le faux anglicisme n`est cependant pas toujours facile. La`, il nous faudra surtout connai^tre l`histoire des mots en anglais qu`on pence de `faux anglicisme´ et conside´rer la possibilite´ constante de modification de sens des mots en question, me^me apre`s l`emprunt accompli.