En 1952, R Char a fait parai^tre une se´rie de poe`mes motive´s par la de´couverte des peintures pre´historiques de la grotte de Lascaux. Il a vu, semble-t-il, dans les peintures parie´tales de Lascaux la trace d`un e´ve`nement originel de´sormais englouti, oublie´ en marge de la civilisation occidentale; la trace e´nigmatique dont la force bouleversante l`a fait pressentir la possibilite´ de redonner a` l`homme moderne, enferme´ dans la transparence de la connaissance rationnelle, l`amour premier pour l`Autre. Autrement dit, il en a tire´ l`occasion de re´affirmer les possibilite´s de la poe´sie et du langage poe´tique. L`e´ve`nement originel que nous montrent les fresques de Lascaux, selon Char, nous renvoie au lieu a` partir duquel devrait toujours recommencer l`homme qui veut de´passer de´sespe´rement les limites du destin pour acce´der a` un e´tat d`union avec l`Autre, qui sera toujours future. C`est pourquoi R. Char donna le nom d``Homme-oiseau` a` l`homme de Lascaux et emploie la me´taphore de `fruit pervers` pour de´signer la ve´rite´ qui se re´ve`le a` travers de cat e´ve`nement. Finalement, l`orignie dont parle R. Char, c`est les hommes qua nous sommes en tant que l`espace du de´sir furieux d`ou` `jaillira DEMAIN LE MULTIPLe´, en tant que `l`oeil vorace, bein que voile´, de l`origine´.